vendredi 20 novembre 2009

"Et pourtant...elles sonnent !"

L'île de Murano mérite bien plus qu'un arrêt éclair sur la route de Torcello.
Une série de petits billets pour vous en persuader...
Voici un autre.




La vigilance, l'astuce et la prudence.
Voilà guilloché l'écu de Murano: un coq , un renard sur le dos et dans le bec un serpent.

Le 30 décembre 1923, Victor Emmanuel III décrète l'annexion des îles de Burano et Murano à la commune de Venise.

Vives protestations des Muranesi.
Hommes, femmes et enfants descendent sur les fondamente.
Les campanile de San Pietro, San Donato et degli Angeli sont pris d'assaut par les contestataires qui ne cessent de battre l'airain. L'éclairage public est saccagé. Les vitres volent en éclat.
Un couvre-feu est instauré, tout rassemblement de plus de cinq personnes est défendu, les contrôles d'identité empoisonnent le quotidien.. La maréchaussée aidée par les premières Camicie Nere reprennent les campanile, les reperdent, les reconquièrent pour à nouveau se les faire subtiliser.
On en vient à couper les cordes « Et pourtant... elles sonnent ! ».
S'ensuivent les premières arrestations, les premières déportations vers Venise, menottés deux par deux. Jusqu'à ce matin du 11 janvier, lorsque les forces de l'Ordre mettent en joue un groupe menaçant d'ouvriers accompagnés de leurs femmes. Moment de panique. Instant de silence.

Les carabinieri se replient. Le pire est évité.

Dès lors, les émeutes et protestations se mourront insensiblement, les séparatistes s'asphyxieront peu à peu, de nouvelles cordes seront placées dans les campanile.
Murano est devenu Venise.

De ces chaudes journées de l'hiver '24 nous restent une série de coqs pochés à la poix. L'un s'en vient narguer le fauve ailé, un autre s'en va souiller de son sang goudronné le lion qui veille le ponte Ballarin, les autres se dispersent sur les murs de la Cité:

VOGLIAMO MURANO AUTONOMA


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